De par la capacité de ses cellules cancéreuses, qui parviennent à résister aux traitements conventionnels tels que la chimiothérapie, le cancer du pancréas demeure l’un des cancers les plus agressifs et des plus meurtriers. À l’heure actuelle, 5 ans après le diagnostic, seulement 13 % des patients sont généralement encore en vie.
Une grande avancée vient cependant d’être réalisée par une équipe de chercheurs conduite par des scientifiques du CNRS, du Centre Léon Bérard et de l'Université Claude Bernard Lyon 1. Ces derniers sont parvenus à développer un anticorps capable de bloquer l’un des mécanismes de résistance des cellules cancéreuses.
L’action de l’anticorps NP137 sur une protéine résistante
Publiée dans la revue Nature le 22 avril 2026, cette étude s’est concentrée dans un premier temps sur la façon dont certaines cellules tumorales du cancer du pancréas parvenaient à échapper aux traitements standards. Les scientifiques sont parvenus à la conclusion qu’une protéine, nommée la nétrine-1, était la principale responsable de cette résistance. Ils ont alors mis au point un anticorps, le NP137, capable de se fixer sur la protéine et d’empêcher cette dernière d’agir.
Après des essais concluants menés sur des animaux, un premier essai réalisé sur 43 adultes a montré que ceux ayant reçu cet anticorps pendant leur chimiothérapie voyaient leur taux de survie augmenter en moyenne de cinq mois, en comparaison de ceux ne l’ayant pas reçu. Un résultat pour le moins prometteur, qui doit être confirmé par d’autres essais cliniques de plus grande ampleur.
Un nouveau traitement en vue contre le cancer du pancréas ?
"Ces résultats ouvrent une option thérapeutique prometteuse pour ce cancer en forte progression, appelé à devenir la deuxième cause de mortalité par cancer d'ici les années 2030-2040, souligne le CNRS dans un communiqué publié le 22 avril 2026. À terme, cette piste thérapeutique pourrait dépasser le seul cadre du cancer du pancréas avec des applications possibles dans de nombreux autres types tumeurs qui partagent le même mécanisme de résistance".
MarieClaire