
"Réduire le risque d'attaque sur les humains en réduisant la population de requins repose sur l'hypothèse que chaque squale représente un niveau égal de menace pour les humains", notent Eric Clua et John Linnell. Ainsi, moins de requins équivaut à une diminution des risques. A Hawaï, pendant le déroulement du programme de contrôle des requins, entre 1959 et 1976, des milliers de squales ont été tués. Avant et pendant l'opération, on comptait 0,6 attaque par an. Durant les années qui ont suivi, on en dénombrait 1,4. A l'est de l'Australie durant les 70 dernières années, environ 500 grands requins blancs ont été abattus, ce qui n'a pas diminué de manière significative le nombre d'attaques, assurent les chercheurs. Pour ces derniers, ces mesures ne servent à rien si elles ne permettent pas d'éliminer le spécimen d'intérêt, qui peut être responsable de tous les incidents. Plus grand, moins craintif, explorateur : ce dernier présente des variabilités comportementales qui peuvent, à terme, le pousser à changer de proie de prédilection, et donc s'attaquer à un être humain. Si effectivement, le risque n'est pas lié à la densité de requins dans une zone donnée mais plutôt à une personnalité, alors l'abattage aveugle est contre-productif. Si lors de l'expédition punitive, l'animal survit, le risque d'incident restera le même les années suivantes, expliquent les chercheurs.
Sciences et Avenir